L’infinie poésie d’une trilogie islandaise

Ce que l’on appelle souvent « le génie conteur du Nord » tient à la fois de la conjuration (ou de l’exorcisme) et de la volonté d’exalter la vie.

(Régis Boyer, Le Magazine littéraire, mars 2011, p. 68.)

Entre ciel et terre

Entre ciel et terre, par Jón Kalman Stefánsson, Paris, Gallimard, 2010.

Jón Kalman Stefánsson est un amoureux de la vie poussée dans ses derniers retranchements. De la vie là où on ne l’attend pas. Avec une écriture dont on peut penser qu’elle est indissociable de cette Islande farouche qui l’a vu naître, il chante l’existence débarrassée du superflu. Lire ses romans, c’est aller à l’essentiel. Dès que vous abordez le premier tome de la trilogie romanesque publiée aux éditions Gallimard, vous avez le sentiment merveilleux d’échapper au tourbillon du monde, au parasitage du quotidien pour retrouver… quoi ? La pensée. Une pensée qui prend le temps de se développer, de s’exprimer au cœur de situations extrêmes où le sens de la vie jaillit plus pur.

L’écriture de Stefánsson – en Islande, vous l’appelleriez plutôt par son prénom – est semblable aux paysages de son île, sublime et dépouillée. Au fil des pages, des phrases si belles qu’on en pleurerait, des brassées de sens en quelques mots sans prétention. Il faut ici louer Éric Boury, le traducteur, d’avoir su rendre cette subtilité sans apprêt, cette sobriété plus profonde que les discours ampoulés de ceux qui, souvent, s’imaginent philosophes quand ils ne sont que trafiquants de mots. On peste de ne pouvoir découvrir le texte dans sa langue originale, de ne pouvoir approcher sa matière native. Mais la version française est déjà un joyau.

Les romans prennent place dans l’Islande de la fin du XIXe siècle. Un pays pauvre, sous domination danoise, où la plupart survivent plus qu’ils ne vivent. C’est un quotidien âpre illuminé par des amitiés, des amours et des lectures qui est dépeint. Peut-être parce qu’il a lui-même très jeune embrassé des métiers difficiles, l’auteur sait décrire ces actes répétés, à la fois communs et vitaux, qui constituent l’ordinaire de ses personnages. Ici, pas de héros ni de surhommes ; pourtant, ces êtres sont admirables. Pêcheurs, postiers, propriétaires d’estaminets, professeurs, commerçants, femmes pauvres ou riches, jeunes ou vieilles, ils composent tout un monde, complexe, dur, sans concession. Nous les rencontrons au fil du périple du « gamin », le protagoniste de la trilogie. Certes, c’est un univers qui nous est étranger par bien des aspects. Mais l’être humain n’est-il pas toujours, partout, le même ? Quelques figures d’exception émergent, qui guident le gamin : Barður, le pêcheur mort par amour pour la poésie ; Geirþrúður, la superbe, l’indépendante qui refuse le sort commun réservé à son sexe dans l’Islande de l’époque ; Jens, le postier taciturne ; et tant d’autres, figures tutélaires discrètes et modestes.

La Tristesse des anges, par Jón Kalman Stefánsson, Paris, Gallimard, 2011.

La Tristesse des anges, par Jón Kalman Stefánsson, Paris, Gallimard, 2011.

Le voyage physique et spirituel du gamin, qui fonde la trilogie, se déroule au milieu d’une nature omniprésente, sans pitié mais sans perfidie. Elle domine, et c’est à l’homme de s’adapter. La mer, élément central du premier roman (Entre ciel et terre), et la neige, qui endosse ce rôle dans le deuxième (La Tristesse des anges), sont comme des puissances supérieures qui contraignent l’homme à une lutte quasi permanente. Une lutte qui le fait exister et révèle sa nature profonde, objet du troisième roman (Le Cœur de l’homme) selon un cheminement qui n’est évidemment pas gratuit. La mer est ambivalente : ballottant les âmes dans leurs frêles embarcations, elle est le lieu où dorment les morts (ou plutôt, où veillent les morts) et la mère nourricière tout à la fois : le poisson est l’aliment de base en Islande à l’époque, et le fondement de l’économie. Elle est aussi ouverture sur le monde, moyen de communiquer avec l’extérieur. Face à elle, les montagnes, divinités immobiles qui surplombent les destinées. Pour traverser l’île, il faut les franchir, les contourner, les braver. Redoutables et mortelles sous la neige du long hiver, elles offrent sous le soleil du printemps et de l’été des vallées idylliques traversées de ruisseaux et tapissées de ces touffes d’herbe vert tendre caractéristiques de l’Islande. Le dernier volume de la trilogie place des scènes de vie et d’amour dans cet Éden éphémère sans mièvrerie où les êtres comme la flore semblent pressés de s’épanouir, avant le retour du froid, de l’obscurité et de la neige. Pourtant, même dans ce locus amoenus, la mort est possible, qui rappelle qu’il faut d’autant plus aimer la vie. Ce sont les morts eux-mêmes qui le disent, ou du moins ces narrateurs mystérieux coincés entre deux mondes, hantés par les souvenirs et dévorés du besoin de raconter. Rappelant un peu les « gens cachés » des croyances islandaises, ils content l’histoire que nous lisons, établissent un pont entre passé et présent, vie et mort. Leur mélancolie puissante s’exprime dans de brefs textes intercalés dans le récit, d’une beauté absolue.

Leur poésie est comme un phare. Dans le récit et en dehors, elle porte secours aux êtres perdus dans l’océan de la vie. Jón Kalman Stefánsson croit au pouvoir des arts en général et de la poésie en particulier, et dans ses romans, il est certain que la littérature, même si elle peut être fatale, est avant tout porteuse d’espoir et de vie. La critique a relevé l’intertextualité avec Le Paradis perdu de Milton qui nourrit le premier volume, mais au-delà de ce jeu de miroirs et d’échos, extrêmement abouti, c’est la trilogie tout entière qui proclame l’amour des lettres. Les lectures élargissent à l’infini un horizon étréci par des conditions de vie primaires, changent le cours des existences, celles des femmes notamment, qui s’émancipent grâce aux mots. Des mots dits ou écrits. On chercherait longtemps une œuvre qui accorde aux mots un tel pouvoir. Sans doute le fait que l’auteur soit très attaché à sa langue n’y est-il pas pour rien. Sans doute aussi le fait que l’islandais ait été, au fil des siècles de domination danoise, le ferment de la nation islandaise et le moyen de sa résistance culturelle est-il pareillement déterminant.

Coeur

Le Cœur de l’homme, par Jón Kalman Stefánsson, Paris, Gallimard, 2013.

Lors de plusieurs entretiens, l’auteur a expliqué que, selon lui, c’est le sujet qui choisit l’écrivain, et non l’inverse. Comme si la main qui tient la plume était guidée par un souffle dépassant l’auteur. Il dit aussi que lorsqu’il écrit, il disparaît dans son récit. Pour cette trilogie, qui a la force des grands classiques, cette inspiration l’a mené à des sommets. Emporté, accroché aux semelles du gamin, le lecteur en sort comme d’un rêve qui ne s’effacera jamais tout à fait.

 

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Des mondes ténébreux

Nouvelles Peaux, collectif, Paris, Éditions Luciférines, 2014.

Nouvelles Peaux, collectif, Paris, Éditions Luciférines, 2014.

 

Disons-le d’emblée, ce recueil est assez inégal, quoique parfaitement cohérent du point de vue thématique : toutes les nouvelles (dix au total), teintées d’un fantastique macabre de bon aloi, sont conçues comme des hommages aux Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe. Mais les textes ne se valent pas, stylistiquement parlant. Certains sont moins fins, plus laborieux, plus… scolaires. Cependant, on se laisse prendre au jeu, en dépit de formules et de traits faciles qui irritent parfois la rétine. La lecture se révèle distrayante, les atmosphères souvent prenantes et les univers inventifs (certains auteurs font preuve d’une imagination débridée !). De l’insomniaque qui converse en étrange compagnie au cimetière Montparnasse au tueur bibliophile, du misanthrope infectieux (oui oui) à l’étudiant en médecine devenu un nouveau Frankenstein, du diable à Poe en passant par des gays ayant trop lu Sade et autres personnages hauts en couleur, on est en bonne compagnie. Par ailleurs, le volume lui-même est joli avec sa couverture joyeusement décorée d’ossements divers et ses quelques illustrations intérieures en noir et blanc qui rappellent les publications d’antan. Il est en outre agréable à manier. Certes, le travail éditorial pèche parfois : coquilles, fautes, maladresses de mise en page, etc. Mais il n’y a là rien que l’on ne rencontre ailleurs, chez des éditeurs reconnus et installés dont les moyens rendent ce genre d’imperfections inexcusables. En un mot, les éditions Luciférines, nouvelles venues sur le marché du livre, présentent des défauts de jeunesse, mais elles ouvrent leurs pages à des plumes peu connues et apportent une bouffée d’air frais – fût-il empreint de relents sépulcraux. Bien nommées, elles mettent en lumière une littérature de l’ombre nourrie de références prestigieuses, loin des mets indigestes servis par certaines franchises hautement commerciales. Et puis, avouons-le sans détour : comment résister à l’adorable logo de cette maison ?
Soutenez l’éditeur en achetant cet ouvrage, et offrez-vous une parenthèse noire. Quant à moi, j’attends avec impatience le prochain titre luciférin.

Petite conversation avec Benjamin Lacombe

Montpellier, 24 mai 2014.

Avec Benjamin Lacombe, Montpellier, 24 mai 2014.

À l’occasion de la 29e édition de la Comédie du livre à Montpellier, j’ai eu le plaisir de rencontrer Benjamin Lacombe, auteur, illustrateur et peintre. Un entretien en toute simplicité, à la terrasse d’un café. Si vous souhaitez l’écouter, c’est ICI. Sinon, voici la transcription de cette discussion. (La version écrite diffère légèrement de la version orale, afin que la lecture soit plus agréable.)

Chryseia : Benjamin Lacombe, bonjour. Nous allons commencer par la question rituelle : pouvez-vous nous dire qui sont vos auteurs favoris ?

Benjamin Lacombe : Mes auteurs favoris, toutes catégories confondues ? J’en ai déjà illustré certains. Par exemple, j’adore Edgar Allan Poe, que j’ai illustré dans un livre (Les Contes macabres), Victor Hugo aussi (Notre-Dame de Paris), et plus généralement toute la littérature du XIXe siècle. Je pense notamment à Oscar Wilde pour les Anglo-Saxons, ainsi que, en jeunesse, Lewis Carroll. Peut-être qu’un jour, dans pas si longtemps, j’illustrerai Alice au pays des merveilles.

C. : Vous-même, vous écrivez en plus d’illustrer des textes. Comment procédez-vous habituellement ? Est-ce que vous composez d’abord le texte, ou pensez-vous en premier lieu aux images, à l’atmosphère du livre ?

B.L. : Pour moi, l’illustration accompagne le texte, donc le texte doit être à la base. D’ailleurs, dans le mot « illustration », il y a lustrare, un mot latin qui signifie notamment « éclairer ». C’est le rôle de l’illustration : éclairer le texte, sans forcément le paraphraser. Il ne faut pas refaire ce qu’il y a dans le texte. Il faut apporter autre chose, une autre lumière. Certains illustrateurs font des images, un peu au hasard, et ensuite écrivent le texte. Cela peut être intéressant, mais ce n’est pas ma façon de faire.

C. : Parmi les livres que vous avez produits jusqu’à présent, quel est celui dont vous êtes le plus fier ? Celui dont vous avez l’impression qu’il est le plus personnel, qu’il correspond le mieux à vos attentes ?

B.L. : Ce sont trois questions en une ! Il y a à la fois l’idée du livre le plus personnel, c’est-à-dire celui où je me dévoilerais le plus ; là, je pense à un livre, un catalogue d’exposition en l’occurrence, qui s’appelle Memories. Il s’agit d’un livre à tirage très limité sur une exposition présentant des images très personnelles. C’est donc le livre le plus « personnel ». Est-ce pour autant celui dont je suis le plus fier ? Je ne sais pas, parce que c’est un ouvrage limité, dont je ne voulais pas qu’il soit largement diffusé… En revanche, en termes d’écriture, ceux que je préfère sont sans doute L’Herbier des fées et Madame Butterfly. Ce sont des livres qui ont mûri. Et puis, il y a aussi le livre que j’avais le plus envie de faire depuis toujours : Les Contes macabres de Poe, parce que c’étaient des textes qui résonnaient en moi depuis longtemps.

Illustration intérieure de Madame Butterfly (Albin Michel, 2013).

Illustration intérieure de Madame Butterfly (Albin Michel, 2013).

C. : À propos de Madame Butterfly, qui est un magnifique livre-objet à double visage − d’un côté, les illustrations et le texte, de l’autre, une fresque immense que l’on peut déplier sur 10 m − : il est paru dans le département jeunesse de votre éditeur, Albin Michel. Pourtant, c’est une œuvre qui s’adresse aussi aux adultes, voire peut-être d’abord aux adolescents et aux adultes. Pourquoi est-il publié en jeunesse ?

B.L. : Il y a un grand problème dans la littérature illustrée en général. Reparlons du cas des Contes macabres. Lorsqu’il est paru en 2009, c’était l’un des premiers romans illustrés pour adultes depuis très longtemps. Nous avons eu beaucoup de problèmes pour le placer en librairie, car il n’y avait pas d’espace dédié à la littérature illustrée pour adultes. Il y avait tout un travail à faire… Madame Butterfly, je l’ai fait avec Albin Michel. Or, ils n’ont pas de département  « Illustrés pour adultes ». Moi, j’estime qu’un bon livre peut être lu à différents moments de la vie, à différents âges. Ce n’est pas un yaourt, il n’y a pas de date de péremption ! D’ailleurs, pour ce livre-là, comme on peut le remarquer, sur la couverture, il n’y a pas marqué : Albin Michel jeunesse, mais seulement Albin Michel. Il est diffusé et déposé en rayon jeunesse, mais cela ne signifie pas que les adultes ne sont pas conviés à le lire. On peut commencer à le lire à partir de 12 ou 13 ans (en raison du niveau de langue, assez soutenu), mais il n’y a pas d’âge limite.

C. : À propos des Contes macabres, votre premier livre illustré pour adultes : était-ce une commande, ou est-ce vous qui l’avez proposé à des éditeurs ?

B.L. : En fait, moi, je suis très mauvais en commande. Je n’ai fait que trois livres de commande sur les vingt-neuf ou trente que j’ai créés. Donc, non, ce n’était pas une commande, c’était vraiment un désir, et un désir lointain. J’ai lu Poe quand j’avais 11 ans et à partir de ce moment, j’ai eu des images qui me trottaient dans la tête. C’est l’un des premiers projets que j’ai eu envie de faire. J’ai attendu le bicentenaire de la naissance de Poe afin de me laisser le temps de concevoir d’autres livres et, d’une certaine manière, d’être prêt à faire celui-ci.

C. : Y a-t-il un texte, un mythe que vous rêvez encore d’illustrer ou même de réécrire, fût-ce dans un avenir lointain ?

B.L. : Il y en a un certain nombre ! Un certain nombre de textes que j’aimerais illustrer, d’histoires que j’aimerais raconter. Certains sont d’ailleurs en projet. Il y en a un dont j’ai parlé tout à l’heure, Alice au pays des merveilles, que je me suis empêché de faire depuis longtemps parce qu’il y a eu beaucoup de versions qui sont sorties ces dernières années, en particulier suite à la version de Burton qui a lancé une véritable mode. Mais finalement, tous ces livres-là ne correspondent pas à la vision que j’ai de ce texte. J’ai donc peut-être encore quelque chose à apporter, ma vision du texte, du caractère très ambivalent et sulfureux de l’écriture de Lewis Carroll. Car il ne faut pas détacher l’homme de l’œuvre dans ce cas-là. Lewis Carroll a produit un livre d’équilibriste. Il faut se souvenir qu’il a demandé la main d’Alice quand elle avait 12, 13 et 14 ans − c’est tout de même particulier ! C’est un homme qui invitait les enfants, les jeunes filles à poser pour lui. Il a fait des photographies d’enfants qui, lorsqu’on les regarde aujourd’hui, avec le recul… Mais à l’époque, les gens ne voyaient pas les choses sous le même angle : ils voyaient juste des photos d’enfants. Il y a évidemment une dimension sexuelle très forte dans son livre ; mais cela ne veut pas dire qu’il ait jamais franchi le pas. En fait, c’est un peu comme pour Fleming, l’auteur de James Bond : son moyen de ne pas franchir le pas, ça a été l’écriture. Lewis Carroll était un mathématicien. Il vivait dans un monde très codifié, et son métier était sérieux. C’est d’ailleurs pour cela que de Dodgson, il est passé à Carroll, son nom d’emprunt. Cette œuvre, Alice, est en équilibre. Moi, j’y vois bien sûr un tas de dimensions sexuelles. Alice passe son temps à porter des choses à sa bouche, à voir des choses… Pour autant, ce n’est pas un livre sexuel au premier degré. C’est un texte à plusieurs niveaux de lecture, et je pense qu’il est très difficile d’être dans cet entre-deux. Un peu comme Balthus a réussi à le faire en peinture, en étant dans l’évocation et non dans l’ostentatoire ou la provocation. Je ne vois pas une Alice provoc’, hyper gothique, très sexuée ; je vois quelque chose de beaucoup plus ambigu. C’est en tout cas ma vision de ce texte à la fois fou et très contrôlé.

C. : Une dernière question, plus générale : vos œuvres, vos peintures (gouaches, huiles) ont fait l’objet de plusieurs expositions. Vous avez aussi signé cet hiver une collaboration avec la marque École française pour créer des objets (sacs à main, bijoux, carrés de soie, etc.). Souhaitez-vous développer cet aspect de votre création, hors de l’univers du livre ?

Les Contes macabres (Soleil, 2010).

Les Contes macabres (Soleil, 2010).

B.L. : Pour moi, tout cela est lié. Quand on est un créatif, on ne se dit pas : « Mon domaine de création, c’est uniquement celui-là, et toute ma vie, je ne ferai que cela.» Quand on a envie de raconter des histoires et de créer des images qui vont faire ressentir des choses aux gens, on peut utiliser des tas de médiums différents. Ça peut être le livre : vous avez parlé de Madame Butterfly, qui se déplie comme une frise ; il est très différent des Contes macabres, recueil de nouvelles illustrées à forte pagination, qui est à son tour très différent d’albums comme Cerise griotte ou Les Amants papillons, ou de livres-objets. Quant aux objets, comme ceux que j’ai créés dans le cadre de ma collaboration avec École française, ils impliquent un travail sur le tissu, une impression des motifs directement dessus. Cela amène un rapport aux images complètement différent. Un livre, on l’ouvre, on le consulte, on le découvre, on le referme. En revanche, un sac, une trousse nous accompagnent tous les jours, on les a avec nous, ce qui crée un rapport très personnel avec l’image. Ce n’est pas la dimension commerciale qui m’intéresse. C’est pour cela que j’ai choisi une marque qui pratique le « 100% fait en France ». J’ai eu des propositions de marques plus importantes pour faire des produits à très grande diffusion, mais je préfère ce rapport personnel, cet aspect assez exclusif de l’objet. De la même manière, je suis en train de travailler sur des films d’animation ; lorsque l’on voit les choses qui bougent, c’est encore un autre rapport à l’image ! Finalement, tout cela, c’est un même univers qui se développe sous différents médiums, sous différents formats, mais qui, je l’espère, reste cohérent.

C. : Benjamin Lacombe, merci pour toutes ces réponses !