Des mondes ténébreux

Nouvelles Peaux, collectif, Paris, Éditions Luciférines, 2014.

Nouvelles Peaux, collectif, Paris, Éditions Luciférines, 2014.

 

Disons-le d’emblée, ce recueil est assez inégal, quoique parfaitement cohérent du point de vue thématique : toutes les nouvelles (dix au total), teintées d’un fantastique macabre de bon aloi, sont conçues comme des hommages aux Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe. Mais les textes ne se valent pas, stylistiquement parlant. Certains sont moins fins, plus laborieux, plus… scolaires. Cependant, on se laisse prendre au jeu, en dépit de formules et de traits faciles qui irritent parfois la rétine. La lecture se révèle distrayante, les atmosphères souvent prenantes et les univers inventifs (certains auteurs font preuve d’une imagination débridée !). De l’insomniaque qui converse en étrange compagnie au cimetière Montparnasse au tueur bibliophile, du misanthrope infectieux (oui oui) à l’étudiant en médecine devenu un nouveau Frankenstein, du diable à Poe en passant par des gays ayant trop lu Sade et autres personnages hauts en couleur, on est en bonne compagnie. Par ailleurs, le volume lui-même est joli avec sa couverture joyeusement décorée d’ossements divers et ses quelques illustrations intérieures en noir et blanc qui rappellent les publications d’antan. Il est en outre agréable à manier. Certes, le travail éditorial pèche parfois : coquilles, fautes, maladresses de mise en page, etc. Mais il n’y a là rien que l’on ne rencontre ailleurs, chez des éditeurs reconnus et installés dont les moyens rendent ce genre d’imperfections inexcusables. En un mot, les éditions Luciférines, nouvelles venues sur le marché du livre, présentent des défauts de jeunesse, mais elles ouvrent leurs pages à des plumes peu connues et apportent une bouffée d’air frais – fût-il empreint de relents sépulcraux. Bien nommées, elles mettent en lumière une littérature de l’ombre nourrie de références prestigieuses, loin des mets indigestes servis par certaines franchises hautement commerciales. Et puis, avouons-le sans détour : comment résister à l’adorable logo de cette maison ?
Soutenez l’éditeur en achetant cet ouvrage, et offrez-vous une parenthèse noire. Quant à moi, j’attends avec impatience le prochain titre luciférin.

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