Dreams of Hollywood

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Hollywood dans les années 1930, par Daniel Kothenschulte et Robert Nippoldt, Cologne, Taschen, 2014.

Plus jeune, j’ai entretenu une relation passionnelle avec le cinéma de l’âge d’or hollywoodien. Les films des années 1920-1950 et les acteurs qui les peuplaient étaient mes compagnons quotidiens – ce qui n’était pas sans créer un décalage par rapport à la vie réelle, terriblement plate, morne, glamourless en un mot. Nos relations se sont ensuite distendues, malgré les livres, photographies et DVD que je conserve encore en masse. C’est pourquoi lire cet imposant ouvrage à la belle couverture scintillante m’a fait l’effet d’un retour aux sources. D’une virée en pays connu et trop longtemps négligé.

Hollywood, univers en soi où l’art et le paraître se conjuguent, y apparaît dans tout son éclat. Les superbes illustrations de Robert Nippoldt, inspirées pour la plupart de clichés fameux que tout cinéphile reconnaîtra instantanément, accompagnent des textes succincts mais passionnants rédigés par le critique Daniel Kothenschulte. Grâce à eux, nous revivons la décennie dorée, quand les écrans et le star-system contrebalançaient à coups de rêve sur pellicule une réalité socio-économique noire, et pourvoyaient au divertissement public.

La délicieuse Jean Harlow. Photo empruntée au génial site doctormacro.com (où l'on peut aussi entendre un extrait radio de 1936 avec Jean Harlow !).

La délicieuse Jean Harlow. Photo empruntée au génial site doctormacro.com (où l’on peut aussi écouter une pièce radiodiffusée avec Jean Harlow et Robert Taylor !).

Composé de brefs chapitres de deux ou quatre pages, l’ouvrage peint le portrait global de l’industrie cinématographique de l’époque, évoquant ici les grands acteurs, réalisateurs ou films, là les techniciens, le système des studios, le développement des effets spéciaux ou du Technicolor, qui inventa un surréel plus coloré que nature. On a ainsi à la fois des informations sur ces individus devenus légendaires (n’est-ce pas l’un des charmes majeurs de ce cinéma, que d’avoir créé des demi-dieux porteurs de nos rêves ?) et sur les dessous du milieu. Indiscrets, nous entrons dans les coulisses des Lumières de la ville (1931) de Chaplin ; fascinés, nous assistons à la constitution du mythe Garbo (la Divine, comme on la surnomma bientôt) ; amusés, nous suivons les pérégrinations des grains de beauté de la piquante Platinum Blonde, Jean Harlow. Et puis, c’est encore un aperçu du génie de Walt Disney, de la création des bandes-son, de l’art de la photographie et de la lumière qui fit tant pour diviniser les stars et conférer aux films leur aura si particulière.

Le livre rend un bel hommage à ce cinéma qui fut à la fois populaire et artistique. Comme un chant d’amour nostalgique… On le referme avec une furieuse envie de (re)voir tous les films cités, regrettant simplement de ne pouvoir le faire dans les salles obscures de nos cinémas quelque peu désenchantés.

Taschen

© Taschen

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