De Norma Jeane à Marilyn

de_dienes_marilyn_monroe_hc_bu_gb_3d_45510_1507031015_id_964116

André de Dienes. Marilyn, édition sous la direction de Steve Crist et Shirley T. Ellis de Dienes, Taschen, 2015.

Comme des millions d’autres personnes, j’éprouve à l’égard de Marilyn Monroe une fascination pérenne, doublée d’une tendresse inexplicable. Bien que star, surmédiatisée, exploitée jusqu’à l’écœurement par la postérité, Marilyn Monroe conserve miraculeusement sa dimension humaine, fragile, une part de mystère qui ne réside pas tant dans sa biographie, scrutée à l’envi, que dans ces clichés innombrables qui tout à la fois la révèlent et la dissimulent à nos regards indiscrets.

On sait qu’il y a pléthore de livres dédiés à l’icône blonde, des livres de photos surtout, des biographies et des essais aussi ; mais ce volume a ceci de particulier qu’il unit des photographies mythiques à un témoignage textuel beaucoup moins connu : les mémoires d’André de Dienes, plus précisément la partie de ces mémoires concernant Marilyn, dont le tapuscrit annoté est reproduit en fac-similé (des extraits en sont donnés de manière classique dans la première moitié du livre, afin d’accompagner la présentation des images). Le photographe de mode rencontre Norma Jeane Baker Dougherty en 1945. Leur collaboration professionnelle, aussi profitable à l’un qu’à l’autre en ces années où leurs carrières respectives ne font que commencer, se double instantanément d’une histoire d’amour (ils se fianceront même), puis, après la séparation, d’une amitié durable. Sous l’objectif amoureux de l’artiste d’origine hongroise, on assiste à la transformation de Marilyn, à la construction opiniâtre de la légende. Grâce à sa plume enlevée, on pénètre un peu l’existence d’une jeune femme ambitieuse, volontaire, travailleuse. Avec tendresse et humour, de Dienes relate des moments de vie, qui en disent long sur lui, bien sûr (l’intérêt de ce texte est de n’être pas prétendument objectif, mais au contraire ouvertement subjectif et personnel), mais aussi sur cette Marilyn, intime et publique, dont il a conservé pour nous l’éclat sans égal.

Aux côtés des clichés les plus fameux — notamment ceux de la jeune femme, déjà blondissante mais pas encore tout à fait transformée en vedette hollywoodienne, jouant les pin-up sur une plage de Long Island en 1949 —, on découvre d’autres portraits rares. La jeune mannequin devenue actrice puis star y dévoile ses divers visages, ici joueuse, là mélancolique, tantôt glamour, tantôt naturelle. Toujours unique en son genre.

Sur l’une des pages reproduites, à côté de clichés rassemblés sous l’intitulé Study in sadness, de Dienes écrivit (c’est lui qui souligne) :

She could be effervescent, bubbling with joy, or act sad and tormented, lonely! She was all that, genuinely!

Chaque page en témoigne.

Cet ouvrage est ainsi un must have pour tous ceux qui aiment Marilyn Monroe. Et une belle occasion d’apprendre à connaître André de Dienes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s